IMHO 2 : Milonga milonga milonga
Traduction: Robert Verge
Le milieu du tango est en ébullition en ce moment, et j’entends souvent dire : «On ne sait plus où aller danser» ou «Tout le monde est éparpillé».
Comme mère de deux enfants, je connais l’importance d’avoir une passion, et c’est une valeur que je souhaite transmettre à mes garçons. Avoir une passion qui nous motive et nous donne une énergie créatrice!
Chaque fois qu’ouvre un nouvel établissement dans notre milieu, je me dis : «Ah, voilà encore quelqu’un qui est tombé en amour avec le tango».
En tant qu’organisatrice, je sais que les milongas font partie intégrante de la santé financière d’un établissement. Par contre, si des milongas et des classes ne cessent de surgir de tous côtés, cela dilue la communauté, et finalement, elle se disperse. Certains sont portés à croire que plus il y a d’offre d’activités, plus ça va attirer de gens, mais je ne suis pas de cet avis. Je pense plutôt que les gens veulent se retrouver là où sont les autres; et c’est aussi l’image que je crois que nous voulons donner au tango montréalais.
Quand on met au monde une activité ça devrait tout d’abord être dans le but d’investir du temps, de l’expérience et de l’énergie dans notre milieu, tout en respectant l’histoire de notre tango et des gens qui ont bâti cette communauté depuis 24 ans. Personne n’ignore qu’il est difficile de gagner sa vie dans le monde des arts. Pire encore quand on doit subir la concurrence de certains qui n’y sont que pour faire un coup d’argent.
La fabuleuse peintre Léa Rivière, avec laquelle j’échangeais, me faisait part des mêmes problèmes dans son domaine. Des peintres du dimanche sans formation, qui le font pour s’amuser et sans besoin d’argent, commencent à vendre leurs tableaux. Ce faisant, ils détournent les acheteurs nécessaires à la survie artistique. Paradoxe étrange. Au fond, mon message est que si la communauté du tango veut survivre et prospérer sainement, il nous faut respecter les artistes du tango… Et savez-vous qui sont ces artistes, ici à Montréal?
Dans un autre ordre d’idées, les gens croient à tort qu’il règne un climat de compétition entre les organisateurs. Personnellement, j’adore quand les intervenants des autres studios viennent à mes soirées du vendredi. La dernière fois que Carol (de Studio Tango) est venue, nous sommes restées jusqu’à 4 heures avec Allyson Manta à parler du «bon vieux temps». C’est comme ça parmi les organisateurs.
Je me souviens du temps où je gravissais l’escalier menant à une milonga, mes souliers à la main, comme j’étais excitée! Le weekend dernier, j’ai eu la chance d’aller à la soirée Tango Queer, et Paul et moi on a eu beaucoup de plaisir à discuter de choses et d’autres. J’ai bien hâte d’aller à toutes vos milongas, mais vous vous en doutez… je suis un peu prise!
Et puis, qui aurait envie de laisser ces beaux garçons seuls à la maison!
Viendra le temps où j’aurais plus de temps libre, alors ça me fera plaisir d’être plus présente dans les autres milongas. En attendant, travaillons ensemble à maintenir la communauté du tango de Montréal comme l’une des meilleures au monde!











